Le gouvernement iranien a considérablement renforcé son contrôle sur les communications numériques en déployant des systèmes de brouillage de signaux de qualité militaire. Sa cible est le réseau satellitaire Starlink, qui, ces dernières années, a constitué l'un des rares moyens d'accéder à Internet malgré les blocus imposés par le gouvernement. L'ampleur de l'opération témoigne d'un changement radical dans l'approche du régime en matière de censure et de contrôle de l'information. Les premiers signes de perturbations de la connectivité Starlink en Iran ont affecté environ un tiers du trafic réseau. En quelques heures, la situation s'est rapidement dégradée, avec des interruptions dépassant les 80 %. Dans de nombreuses régions, les utilisateurs ont perdu l'accès à Internet par satellite presque simultanément, sans aucun signe préalable de restrictions locales. Les précédentes tentatives de l'Iran pour interférer avec Starlink ont eu un impact bien moindre. Lors des manifestations qui ont suivi la mort de Mahsa Amini en 2022, les autorités ont brouillé les signaux GPS dans certaines zones de villes comme Téhéran et Ispahan. Cette mesure s'est accompagnée du blocage du site web de Starlink et d'un renforcement de la censure des médias étrangers.Starlink repose sur un positionnement précis et une synchronisation temporelle grâce aux signaux GPS. Des perturbations à ce niveau ont entraîné une fragmentation de l'accès au réseau et la création de zones de connectivité irrégulières et éphémères. Concrètement, cela s'est traduit par la déconnexion totale de nombreux quartiers, même là où Starlink fonctionnait auparavant de manière stable. La panne du réseau Starlink a coïncidé avec des coupures internet généralisées à travers le pays. NetBlocks a indiqué que la panne a duré plus de 60 heures, l'activité du réseau en Iran chutant à environ 1 % de son niveau normal. Il s'agit de l'une des plus graves pannes numériques de l'histoire du pays. L'utilisation de systèmes de brouillage de qualité militaire étend considérablement la stratégie de contrôle de l'information de l'Iran, bien au-delà du blocage traditionnel de sites web et du filtrage de contenu. Starlink est longtemps resté le dernier recours pour les journalistes, les militants et les citoyens ordinaires lorsque les autorités coupaient leurs réseaux. Cette opération actuelle démontre la détermination du régime à éliminer même ces canaux alternatifs.
Des gouvernements ont déjà tenté de perturber le réseau Starlink, mais aucun n'est parvenu à le paralyser efficacement à l'échelle nationale. L'action de l'Iran est considérée comme le premier cas connu de perturbation aussi efficace et généralisée d'un réseau internet par satellite par des moyens militaires. Depuis 2022, les unités de guerre électronique russes ont tenté à plusieurs reprises de perturber le fonctionnement de Starlink en Ukraine. Ces attaques ont consisté à brouiller les signaux GPS et à interférer avec la bande de fréquence Ku utilisée par le système. Ces actions, confirmées par les autorités ukrainiennes et par Elon Musk, ont entraîné des interruptions de service et des pertes de paquets de données ponctuelles. Cependant, ces perturbations sont restées localisées et limitées aux zones d'opérations militaires actives. SpaceX a réagi à ces menaces en déployant des mises à jour logicielles permettant aux terminaux Starlink de s'adapter aux tentatives de brouillage. Grâce à cela, le système en Ukraine a pu rester opérationnel malgré une pression électronique constante. Cependant, l'opération iranienne démontre que des actions coordonnées à grande échelle peuvent pousser les infrastructures satellitaires au-delà de leurs limites actuelles.
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