Microsoft explique un mystérieux service de Windows 11 exécuté en arrière-plan.
 Par Nic007
WindowsWindows 11 est critiqué depuis des mois pour ses performances, et les derniers tests matériels de Microsoft n'ont fait qu'attiser les critiques. Une autre théorie a émergé sur Internet : un service système caché, fonctionnant en arrière-plan, surveillerait les paramètres de l'appareil et enverrait régulièrement des données à Microsoft, ce qui expliquerait le ralentissement des ordinateurs. Cette information a rapidement fait le tour du web. Le problème, c'est que l'histoire présentée dans la publication virale ne reflète pas la réalité. Scott Hanselman, directeur principal chez Microsoft et membre de l'équipe technique de GitHub, a décidé d'expliquer publiquement ce qu'est réellement le service Windows Health and Optimized Experiences et pourquoi il est intégré au système. L'élément déclencheur a été une publication sur le site web X par l'utilisateur Xilly. L'auteur y mettait en avant le service « Windows Health and Optimized Experiences » et le présentait comme un exemple de composant inutile s'exécutant en arrière-plan. D'après cette théorie, le service démarre automatiquement avec Windows, surveille notamment l'utilisation du processeur, la température de l'appareil et l'état de la batterie, puis envoie ces informations à Microsoft toutes les 15 minutes. L'article suggérait également que cette solution était principalement conçue pour les ordinateurs portables et n'avait aucune utilité significative sur les ordinateurs de bureau. La conclusion était prévisible : les utilisateurs se verraient proposer un service supplémentaire s’exécutant en arrière-plan, consommant des ressources et surchargeant davantage le système. L’auteur les encourageait même à localiser manuellement le processus dans l’application Services et à le désactiver. À l'heure où Windows 11 est régulièrement critiqué pour ses performances, ce message a rapidement trouvé un écho favorable.

Scott Hanselman a décidé de réagir à la publication, remettant en question sa description et les conclusions qui en étaient tirées. Selon un représentant de Microsoft, le service n'est pas apparu soudainement en 2026. Il a été lancé en 2025 et son objectif est différent de celui suggéré par la publication devenue virale. La fonctionnalité que l'on pourrait traduire en « Santé et expérience optimisée de Windows » fait partie du moteur de diagnostic Windows. Elle est conçue pour aider à analyser les problèmes de performances de l’appareil, notamment lorsque le système détecte des ralentissements inhabituels. Le moteur peut créer des traces de diagnostic locales dans le répertoire \Temp\DiagOutputDir\Whesvc. Cependant, ces données ne sont pas automatiquement transmises à Microsoft. Hanselman explique que les éléments de diagnostic peuvent être transmis à l'entreprise via le Hub de commentaires si un utilisateur choisit de signaler un problème. Il s'agit là d'une différence significative. La simple existence du service et la génération de données de diagnostic qu'il génère ne permettent pas d'affirmer que des données de télémétrie sont régulièrement transmises à l'insu de l'utilisateur.

Microsoft ne cache pas que Windows dispose d'un système de surveillance des performances très complet. Parmi ses composantes figurent les compteurs de performances, utilisés pour surveiller le comportement du processeur, de la mémoire vive, des disques et des connexions réseau. Ce type de données est utile aussi bien aux administrateurs qu'aux développeurs. Il leur permet de déterminer si le problème est dû à une utilisation excessive du processeur, à une mémoire insuffisante, à une activité disque anormale ou à un autre composant du système. Vous pouvez consulter des informations similaires dans le Gestionnaire des tâches. Cependant, Windows utilise un ensemble plus complet de mécanismes de diagnostic fonctionnant à différents niveaux du système. Dans ce cas précis, la controverse a principalement porté sur l'interprétation du nom et du fonctionnement du service. Pour l'utilisateur lambda, une entrée dans l'application Services peut sembler n'être qu'un composant système obscur parmi d'autres. Sans informations complémentaires, il est facile de lui attribuer une fonction qu'elle n'exerce pas réellement.

Les explications de Microsoft ne mettent toutefois pas fin au débat sur les performances de Windows 11. Le système a en effet été critiqué ces derniers mois pour sa gestion des ressources. L'un des exemples les plus notoires fut le test de la nouvelle Surface, où le matériel de Microsoft s'est avéré moins performant que les ordinateurs d'Apple dans de nombreuses applications. La comparaison des résultats obtenus avec les propres programmes de Microsoft était particulièrement révélatrice. Des plaintes ont déjà été formulées concernant des ordinateurs configurés avec seulement 8 Go de RAM. Avec Windows 11, cette quantité de mémoire peut rapidement devenir insuffisante lorsqu'on utilise plusieurs applications simultanément. Microsoft a elle-même annoncé des améliorations en matière d'optimisation du système. L'entreprise est donc confrontée à un véritable défi : convaincre certains utilisateurs que Windows 11 offre non seulement les fonctionnalités nécessaires, mais fonctionne également de manière optimale sur du matériel conforme à ses exigences officielles. C’est pourquoi les informations concernant tout nouveau service fonctionnant en arrière-plan sont aujourd’hui traitées avec beaucoup plus de suspicion qu’il y a quelques années.

Hanselman ne s'est pas contenté d'une explication technique du fonctionnement du service. Il a également abordé la manière dont l'information est présentée dans cet article populaire. Le représentant de Microsoft a remis en question l'affirmation selon laquelle on aurait découvert la présence d'un service inutile qui surchargeait les ordinateurs. Il a conclu sa réponse par une remarque sarcastique adressée à l'auteur de la publication devenue virale. « ÉCRIRE QUELQUE CHOSE EN LETTRES MAJUSCULES POUR UNE SCÈNE DE THÉÂTRE NE LA REND PAS DRAMATIQUE », a écrit Hanselman. Cette courte phrase résume bien la situation. La simple découverte d'un nouveau processus sous Windows ne prouve pas que Microsoft a ajouté des fonctionnalités inutiles au système ou mène une campagne de télémétrie secrète. Les systèmes d'exploitation modernes sont bien plus complexes que leurs homologues d'il y a dix ans. Windows effectue des centaines d'opérations en arrière-plan liées à la sécurité, aux diagnostics, aux mises à jour, à la gestion du matériel et à l'analyse des performances. Pour l'utilisateur, cela pose toutefois un problème majeur : il est difficile d'évaluer de manière indépendante si un processus particulier est nécessaire ou peut être désactivé sans risque.
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