Publié le: 27/07/2026 @ 19:29:26: Par Nic007 Dans "Internet"
InternetL'Union européenne prépare une réglementation susceptible de bouleverser le marché des télécommunications. Ce plan prévoit le retrait des équipements des réseaux européens provenant de fournisseurs jugés à haut risque. Concrètement, il s'agit principalement de géants chinois tels que Huawei et ZTE. Cependant, les opérateurs préviennent que la mise en œuvre de ce scénario sera extrêmement coûteuse et pourrait impacter à la fois les investissements dans les nouveaux réseaux et les factures des clients. Selon le dernier rapport de GSMA Intelligence, le remplacement des infrastructures pourrait coûter entre 30 et 40 milliards d'euros. Le règlement relatif à la cybersécurité n° 2, en cours d'élaboration par la Commission européenne, établit de nouvelles règles pour la sécurité des infrastructures numériques. L'une des dispositions les plus importantes de ce projet de loi est l'obligation pour les États membres de retirer des réseaux critiques les dispositifs fournis par les entreprises jugées à haut risque. Bien que les documents ne mentionnent pas toujours de noms précis, depuis plusieurs années, les représentants de la Commission européenne pointent principalement du doigt Huawei et ZTE. Si la réglementation est adoptée en l'état, les opérateurs pourraient n'avoir que trois ans pour remplacer une part importante de leurs infrastructures.

GSMA Intelligence a analysé les données de sept grands groupes de télécommunications opérant dans l'Union européenne. Les résultats indiquent que le coût total du remplacement des infrastructures pourrait se situer entre 30 et 40 milliards d'euros. La plus grande partie des dépenses serait consacrée aux réseaux mobiles, dont la modernisation coûterait environ 19 milliards d'euros. Des milliards supplémentaires seraient alloués à la modernisation des réseaux fixes et des infrastructures de transport, notamment la fibre optique et les liaisons par câbles sous-marins. Mais ce n'est que le début des dépenses. Les auteurs du rapport soulignent que la disparition de l'un des plus importants fournisseurs signifie également une diminution de la concurrence sur le marché des équipements de télécommunications. La GSMA estime que les prix des équipements de réseaux mobiles pourraient augmenter en moyenne d'environ 24 %. Les équipements de téléphonie fixe pourraient connaître des hausses de prix allant jusqu'à 19 %, tandis que les infrastructures de transport pourraient subir une augmentation d'environ 10 %. Par conséquent, les opérateurs devront également débourser des milliards d'euros supplémentaires pour les investissements futurs prévus une fois le processus de remplacement des équipements achevé.

Les experts prévoient que les entreprises de télécommunications seront contraintes de revoir leurs plans d'investissement. Une des solutions envisagées serait d'augmenter les prix des services pour les particuliers et les entreprises. Une autre solution pourrait consister à réduire les dépenses liées à l'expansion des infrastructures et à ralentir le déploiement des nouvelles technologies. Les opérateurs n'excluent pas non plus de combiner ces deux mesures. La GSMA prévient que l'impact pourrait s'étendre bien au-delà du secteur des télécommunications lui-même. Les réseaux de nouvelle génération sont essentiels au développement des services numériques, de l'industrie, des villes intelligentes et des solutions basées sur l'intelligence artificielle. Un déploiement plus lent des infrastructures pourrait ralentir la transformation numérique de l'économie européenne. Le rapport cite également une analyse de KPMG, qui estime que l'impact économique de telles restrictions pourrait atteindre 370 milliards d'euros d'ici la fin de la décennie.

Les auteurs de l'étude rappellent l'expérience de la Grande-Bretagne, qui a décidé il y a plusieurs années de retirer les équipements Huawei de ses réseaux 5G nationaux. Cette décision, prise sous la pression des États-Unis, a entraîné une modernisation coûteuse des infrastructures des opérateurs. Selon le rapport, les fonds alloués au remplacement des équipements auraient pu servir à un déploiement plus rapide du réseau 5G. Des problèmes similaires sont également apparus aux États-Unis. Certains opérateurs locaux continuent d'utiliser des équipements Huawei, arguant qu'ils n'ont pas les ressources nécessaires pour les remplacer et comptant sur un soutien financier du gouvernement. Il y a quelques années encore, on estimait que près de 60 % des équipements utilisés dans l'infrastructure 5G allemande provenaient de Huawei. Cela illustre l'ampleur du défi auquel est confrontée toute l'Europe. Dans de nombreux pays, les solutions chinoises sont présentes non seulement dans les réseaux mobiles, mais aussi dans les infrastructures de fibre optique et les systèmes de transmission de données. Plus la part de ces équipements est importante, plus leur remplacement coûte cher.
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