La Grande-Bretagne abandonne les cartes d'identité numériques
Par Nic007
L'une des initiatives numériques les plus importantes de ces dernières années au Royaume-Uni vient d'être abandonnée. Le nouveau Premier ministre, Andy Burnham, entend supprimer le système national d'identité numérique, qui figurait parmi les projets technologiques phares du gouvernement de Keir Starmer. Dans le même temps, Burnham annonce une nouvelle orientation pour le développement du pays. Au lieu d'investir des milliards de livres dans l'identification numérique des citoyens, le gouvernement souhaite se concentrer sur le développement de l'intelligence artificielle et nommer un ministre de l'IA, membre du cabinet. Le projet d'identité numérique était censé devenir l'un des piliers de l'administration numérique au Royaume-Uni. Le gouvernement de Keir Starmer affirmait que cette solution faciliterait la vérification d'identité, réduirait le travail illégal et améliorerait les interactions des citoyens avec les institutions gouvernementales. Toutefois, le nouveau Premier ministre n'a aucune intention de poursuivre ce travail. Selon son porte-parole, le gouvernement souhaite allouer des fonds à des initiatives qui apporteront plus rapidement des avantages aux citoyens. Parmi les priorités figurent le soutien au coût de la vie et d'autres projets jugés plus urgents. Ces propos ont également été confirmés par la vice-présidente du Parti travailliste, Lucy Powell. Elle a reconnu que l'abandon du programme permettrait de libérer des ressources administratives pour d'autres tâches.Bien que le coût exact du projet ait fait l'objet de controverses, le Bureau britannique de la responsabilité budgétaire estimait que le programme coûterait environ 1,8 milliard de livres sterling entre 2026 et 2029. Le chiffre final n'a jamais été officiellement confirmé par le gouvernement, et les questions relatives au financement se sont donc accumulées pendant des mois. Le projet initial prévoyait la création d'un document numérique obligatoire contenant les informations personnelles du citoyen, son titre de séjour, sa nationalité, sa date de naissance et une photographie. Ce document visait principalement à confirmer son droit de travailler au Royaume-Uni. Face à une vague de critiques, le gouvernement a assoupli son projet. À l'automne 2025, il a été annoncé que le système serait facultatif, les documents traditionnels comme le passeport restant des pièces d'identité valides. Désormais, même cette version limitée du projet sera abandonnée.
Dès leur apparition, les identités numériques ont suscité une vive controverse. Les organisations de défense de la vie privée ont averti que ce système gouvernemental pourrait servir de base à une collecte de données de plus en plus généralisée sur les citoyens. Les critiques ont souligné le potentiel d'extension future des applications du système et le risque d'une surveillance accrue du public. Ces arguments ont conduit à un assouplissement du projet dans un premier temps, sans toutefois mettre fin au débat public. La décision du nouveau Premier ministre met un terme définitif à cette étape du débat. Pour l'instant, du moins, le Royaume-Uni ne développera pas de système national d'identité numérique.
Renoncer à l'identité numérique ne signifie pas abandonner les investissements numériques. Bien au contraire. Burnham annonce un accent beaucoup plus marqué sur le développement de l'intelligence artificielle. D'après les médias britanniques, le nouveau gouvernement comprendra un ministre chargé de l'intelligence artificielle, qui siégera pour la première fois au sein du cabinet. Ce nouveau ministère aura pour mission de soutenir le développement des entreprises technologiques nationales, d'accélérer l'intégration de l'intelligence artificielle dans l'administration publique et de consolider la position du Royaume-Uni comme leader sur le marché européen de l'IA. Le nouveau Premier ministre a exprimé sa volonté de développer le secteur des nouvelles technologies et de créer des emplois liés à l'intelligence artificielle. Ce domaine devrait devenir un axe majeur de la stratégie économique de son gouvernement.
L'abandon du projet d'identité numérique est l'un des premiers signes de la nouvelle orientation du Premier ministre. Le Royaume-Uni renonce à un programme en préparation depuis plusieurs mois et privilégie désormais le développement de l'intelligence artificielle et des nouvelles technologies. Pour le secteur technologique, c'est un signal clair : le gouvernement entend investir principalement dans les solutions liées à l'IA, tandis que les projets controversés en matière de protection de la vie privée sont relégués au second plan. Les semaines à venir révéleront les détails de cette nouvelle stratégie numérique et les pouvoirs du tout premier ministre britannique chargé de l'IA.
PC
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