De nouvelles recherches révèlent un scénario qui, jusqu'à récemment, relevait de la science-fiction. Une équipe de chercheurs de l'Université polytechnique de Hong Kong a prouvé que les câbles internet à fibre optique ordinaires peuvent servir de dispositifs d'écoute clandestine. Une expérience présentée lors de la conférence NDSS démontre que l'infrastructure réseau peut enregistrer les sons ambiants. Il suffit d'un équipement adéquat et d'un accès à un câble. Concrètement, cela signifie que les câbles traversant les murs des bureaux et des habitations peuvent devenir une source d'information cachée. Le secret réside dans la physique. Les fibres optiques réagissent aux vibrations microscopiques. Les ondes sonores, y compris la parole humaine, provoquent d'infimes modifications de la structure de la fibre. Ces modifications affectent le signal lumineux transmis par le câble. La technologie de détection acoustique distribuée permet de détecter ces perturbations et de les reconvertir en son. Les chercheurs ont réussi à reproduire une part importante des conversations se déroulant à proximité du câble. Lors des tests, les enregistrements ont atteint une intelligibilité supérieure à 80 % à courte portée.L'élément clé de l'expérience était un dispositif spécial appelé récepteur sensoriel. Les chercheurs ont enroulé une fibre optique autour d'un petit cylindre afin d'amplifier les vibrations. Cette conception accroît la sensibilité du système et permet une détection plus précise des sons ambiants. L'ensemble du système peut être dissimulé dans un boîtier ressemblant à un élément d'infrastructure réseau standard. De ce fait, le dispositif passe inaperçu parmi les autres composants de l'installation. L'aspect le plus inquiétant de cette méthode réside dans sa discrétion. Le système ne nécessite aucune alimentation électrique au point d'écoute et n'émet aucune onde radio. Les détecteurs d'écoutes téléphoniques classiques se révèlent inefficaces, tout comme les méthodes de protection courantes, telles que le brouillage de signaux. Ceci représente un défi de taille pour les professionnels de la sécurité, car la menace ne laisse aucune trace identifiable. Cette technologie n'est pas adaptée à toutes les conditions. Les câbles à fibres optiques doivent être installés à proximité de la source sonore, et la qualité d'enregistrement se dégrade avec la distance et le bruit ambiant. L'accès physique à l'infrastructure et l'utilisation d'équipements spécialisés constituent également des limitations importantes. Les chercheurs indiquent que les scénarios les plus réalistes impliquent des opérations internes. Des techniciens, des sous-traitants ou des personnes se faisant passer pour des employés pourraient avoir accès à l'installation.
Il convient de souligner la présence de câbles à fibres optiques dits inactifs. De nombreux bâtiments possèdent plus de câbles qu'ils ne sont utilisés. Ces câbles inutilisés traversent les murs et les plafonds, sans surveillance. Selon les chercheurs, ils pourraient constituer un support idéal pour des écoutes clandestines. Cet élément d'infrastructure a longtemps été considéré comme neutre et sécurisé. « En règle générale, une seule fibre est active, tandis que les autres (également appelées fibres noires) restent inutilisées, longeant les murs, les plafonds et autres structures internes. Ces fibres pourraient potentiellement servir de canaux d'écoute clandestine », indique le rapport.
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