Le Parlement européen retire officiellement Google de son rôle de moteur de recherche par défaut. Il sera remplacé par Qwant
Par Nic007
Le changement entrera en vigueur le 4 juin 2026 et concernera les navigateurs Microsoft Edge et Mozilla Firefox utilisés par les députés européens, leurs assistants et des milliers d'agents administratifs. Bien que les utilisateurs puissent toujours choisir un autre moteur de recherche, cette mesure est bien plus importante qu'un simple changement de paramètres système. C’est un signal supplémentaire montrant que l’Union européenne se concentre de plus en plus sur ses propres technologies et souhaite réduire sa dépendance vis-à-vis des géants numériques américains. La décision a été confirmée par un porte-parole du Parlement européen. Cette modification s'inscrit dans le cadre des efforts visant à limiter l'utilisation d'outils numériques provenant de pays tiers et à promouvoir les solutions technologiques européennes. Si Google demeure le leader incontesté de la recherche internet à l'échelle mondiale, la décision du Parlement européen a des répercussions importantes sur son image. Il s'agit de l'une des institutions politiques les plus importantes au monde, et ses décisions façonnent souvent l'avenir de l'administration publique dans les États membres. Pour Qwant, cela représente un succès prestigieux et une opportunité d'accroître sa visibilité à l'international. Le changement de moteur de recherche n'est pas un cas isolé. Ces derniers mois, l'Europe a lancé plusieurs initiatives pour renforcer son secteur technologique. Euro-Office, une suite bureautique développée en réponse européenne à Microsoft Office et Google Docs, devrait être lancée en juin. Ce projet vise à offrir un meilleur contrôle des données et à réduire la dépendance vis-à-vis des fournisseurs étrangers. L'État allemand de Bavière a récemment suscité la polémique en renonçant à sa collaboration prévue avec Microsoft pour la mise en place d'une suite bureautique destinée à l'administration publique. À Bruxelles, l'idée que les infrastructures numériques, les services cloud, l'intelligence artificielle et les outils utilisés par les gouvernements devraient être développés en Europe, ou du moins rester sous contrôle européen, gagne du terrain.Qu'est-ce que Qwant exactement ? Fondé en 2011, Qwant est une réponse française à la domination de Google. Dès sa création, ses fondateurs ont privilégié la protection de la vie privée des utilisateurs, abandonnant de nombreux mécanismes de suivi utilisés par ses concurrents. Le moteur de recherche n'utilise pas de cookies tiers, ne crée pas de profils publicitaires détaillés et ne recourt pas au ciblage comportemental. La publicité est toujours présente, mais elle est affichée de manière plus discrète et clairement identifiée. Pour de nombreux utilisateurs, la principale différence réside dans l'affichage des résultats de recherche. Qwant ressemble aux moteurs de recherche classiques d'avant l'ère de l'IA générative. Il n'inonde pas les utilisateurs de résumés automatisés, de modules d'achat complexes ou de multiples panneaux d'information. Cette approche a ses partisans et ses détracteurs. Qwant peut-il remplacer Google ? Cette question se pose systématiquement lorsqu'on tente de créer une alternative européenne aux services numériques américains. Qwant propose une recherche rapide et applique efficacement les règles de confidentialité. Cependant, le problème réside dans les fonctionnalités avancées auxquelles les utilisateurs de Google sont habitués. Entre autres, l'application manque de panneaux d'information complets affichant des renseignements sur les entreprises, les restaurants, les horaires d'ouverture ou les avis sans avoir à consulter d'autres sites web. Certaines fonctionnalités basées sur l'IA restent également moins développées. Certains utilisateurs considéreront ce manque comme un inconvénient, tandis que d'autres verront dans ce minimalisme un atout.
La décision concernant Qwant intervient alors que la Commission européenne prépare une nouvelle réglementation sur le cloud computing, l'intelligence artificielle et la production de semi-conducteurs. Les responsables européens invoquent de plus en plus la sécurité technologique comme une préoccupation majeure. Les autorités de l'UE craignent que des services publics essentiels, les systèmes énergétiques, les hôpitaux et les infrastructures financières ne deviennent dépendants de fournisseurs non européens. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, souligne que l'UE ne peut se permettre de dépendre des technologies étrangères pour le fonctionnement des services publics essentiels. Henna Virkkunen, responsable de la politique technologique de l'UE, partage cet avis. Elle affirme que l'Europe doit pouvoir contrôler de manière indépendante les données et les services utilisés dans les secteurs les plus sensibles de l'économie. Changer le moteur de recherche par défaut du Parlement européen peut sembler un détail technique mineur, mais en pratique, il s'agit simplement d'un élément de plus d'une stratégie qui prend de l'ampleur depuis plusieurs mois.
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