Le Parlement européen a décidé de désactiver les fonctionnalités d'intelligence artificielle intégrées aux appareils professionnels des députés et de leurs collaborateurs. Cette décision a été annoncée par courriel interne, invoquant des préoccupations liées à la cybersécurité et à la protection des données. Cela s'explique notamment par le fait que les assistants IA utilisent des services cloud pour effectuer des tâches qui, comme souligné précédemment, pourraient être traitées localement sur l'appareil. Selon l'administration du Parlement européen, l'étendue des données transférées à des prestataires externes reste encore mal connue. En attendant que ces questions soient clarifiées, il est plus prudent de désactiver les fonctions d'IA. De l'avis de l'administration du Parlement européen, l'étendue complète des données transférées à des fournisseurs externes n'est pas encore totalement connue. L'annonce recommandait aux parlementaires de prendre des précautions similaires concernant leurs appareils personnels utilisés à des fins professionnelles. Une attention particulière était portée au risque de numérisation de documents de travail et de correspondance privée par des outils d'intelligence artificielle, ainsi qu'à l'installation d'applications tierces disposant de droits d'accès étendus aux données.Dans un entretien accordé à POLITICO, des représentants du Parlement ont assuré que leurs services de presse et leurs équipes informatiques surveillent en permanence les menaces et mettent en œuvre les mesures préventives appropriées. L'institution a toutefois refusé de préciser quelles fonctions d'IA avaient été désactivées ni quels systèmes étaient utilisés sur les appareils officiels, invoquant le caractère sensible de ces informations. Le blocage des outils d'IA au sein des gouvernements n'est pas un phénomène nouveau. L'année dernière, le modèle DeepSeek a été interdit sur les équipements gouvernementaux de plusieurs pays, dont les États-Unis, Taïwan et l'Australie, pour des raisons de sécurité nationale. L'affaire du mois dernier a également suscité une vive attention lorsque Madhu Gottumukkala, directeur par intérim de l'Agence américaine de cybersécurité et de sécurité des infrastructures (CISA), a mis en ligne des documents sensibles sur la version publique de ChatGPT. Bien que non classifiés, ces documents portaient la mention « Usage officiel uniquement » et contenaient des informations relatives à des marchés publics. Les systèmes de sécurité automatisés ont détecté l'incident et le département de la Sécurité intérieure (DHS) a ouvert une enquête. La décision du Parlement européen montre que les administrations publiques privilégient la prudence.
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