Publié le: 02/06/2026 @ 17:16:28: Par Nic007 Dans "Droit"
DroitL'Union européenne prépare l'un des projets technologiques les plus ambitieux de ces dernières années. Selon des documents obtenus par Reuters, Bruxelles souhaite instaurer de nouvelles règles pour les services cloud utilisés par l'administration publique et les secteurs économiques stratégiques. Ces propositions pourraient fortement entraver les activités des principaux fournisseurs américains de services cloud, tels qu'Amazon, Microsoft et Google. Un projet en cours d'élaboration par la Commission européenne introduit des exigences strictes pour les fournisseurs de services de cloud computing participant aux principaux appels d'offres publics. Cela concerne principalement les secteurs considérés comme stratégiques, tels que la banque, l'énergie, la santé et l'administration publique. Concrètement, cela signifie qu'un prix attractif ne suffira plus à lui seul pour décrocher un contrat. Les questions liées au stockage des données, à l'origine de la technologie et au degré d'indépendance vis-à-vis des entités hors Union européenne prendront également de l'importance. Il s'agit là d'une des tentatives les plus décisives pour créer un écosystème cloud européen capable de rivaliser avec les géants américains qui dominent ce marché depuis des années.

L'une des principales raisons des changements envisagés réside dans les préoccupations liées à la sécurité des données des citoyens et des entreprises européennes. À Bruxelles, le débat sur la réglementation américaine, notamment le tristement célèbre Cloud Act, est ancien. Cette réglementation autorise les autorités américaines à exiger l'accès aux données stockées par des entreprises basées aux États-Unis, même si les serveurs sont situés hors du territoire américain. Pour les autorités de régulation européennes, cela représente une menace potentielle pour l'indépendance numérique des États membres. C'est pourquoi les nouvelles exigences visent à promouvoir les solutions développées et contrôlées au sein de l'Union européenne. Le projet ne se limite pas aux seuls services cloud. D'après les informations publiées, la Commission européenne envisage également des critères supplémentaires concernant le matériel et les logiciels utilisés. Les technologies développées au sein de l'Union européenne pourraient jouer un rôle de plus en plus important dans la sélection des fournisseurs. Cette approche serait avantageuse pour les entreprises technologiques locales, qui s'efforcent de gagner des parts de marché sur un marché dominé par les entreprises américaines. Pour Amazon Web Services, Microsoft Azure et Google Cloud, cela signifierait devoir adapter leurs offres aux nouvelles exigences ou accepter la perte de certains des contrats publics les plus prestigieux.

La nouvelle réglementation sera présentée par Henna Virkkunen, vice-présidente de la Commission européenne chargée des technologies. Elle s'inscrit dans un ensemble de mesures relatives au développement de l'intelligence artificielle et des infrastructures de cloud computing. Bruxelles indique de plus en plus clairement que l'avenir de l'économie européenne reposera sur ses propres ressources informatiques, ses modèles d'IA et son infrastructure numérique. Sans cela, le développement des technologies de pointe reste tributaire des fournisseurs étrangers. Pour les entreprises européennes de services cloud, cela pourrait se traduire par une opportunité de croissance dynamique. Pour les géants américains, ce sera un défi supplémentaire sur un marché déjà parmi les plus exigeants en matière de réglementation.

Le plan de la Commission européenne n'est pas encore entré en vigueur. Dans les prochains mois, les propositions devront être approuvées par les États membres et le Parlement européen. Cependant, il est d'ores et déjà prévisible que cette initiative suscitera des critiques de la part des États-Unis. Washington remet depuis longtemps en question certaines réglementations européennes visant les grandes entreprises technologiques. Cela concerne aussi bien les dispositions relatives à la protection des données que les réglementations imposant des obligations supplémentaires aux opérateurs de plateformes numériques. Si le projet est adopté en l'état, l'Europe franchira une nouvelle étape vers la construction de sa propre infrastructure technologique. Parallèlement, il pourrait ouvrir une nouvelle phase dans le conflit relatif au contrôle des données, du cloud et de l'intelligence artificielle sur l'un des plus grands marchés mondiaux.
Poster un commentaire
Vous devez être identifié pour accéder à cette fonctionnalité

Utilisateur
Mot de passe
 
Informaticien.be - © 2002-2026 Akretio SRL  - Generated via Kelare Haut de page