The Last Guardian
Publié le 27/01/2017 Dans PlayStation 4  Par Nic007
Il était une fois.

Développé par SCE Japan Studio, The Last Guardian a connu une conception assez chaotique depuis son annonce en 2009 sur PlayStation 3. Finalement, le projet a migré sur PS4, un support dont il se sent encore à l'étroit (nous y reviendrons plus tard). L'intrigue met en scène un garçon inconnu et Trico, une créature mystérieuse mi-félin mi-oiseau (une race mangeuse d'hommes !) qui se rencontrent dans les ruines d'une cité ancienne, aujourd'hui abandonnée. Alors qu'ils ne peuvent pas se comprendre et sont uniquement capables de communiquer par gestes, il naît entre les deux personnages une amitié improbable. Face à tous les dangers qui les guettent, ces deux protagonistes ont besoin l'un de l'autre pour survivre et découvrir leur nouvel environnement. Le lien qui les unit sera-t-il assez fort pour résister à cet univers mystérieux ? L'univers décrit est plutôt glacial, mais il se dégage un certain charme des lieux, notamment lorsque le soleil vient baigner les décors. Les deux avatars parviennent à s'unir face au danger. Cela tombe bien car le jeu joue sur la complémentarité entre les deux personnages, l'amitié et la confiance entre un garçon et son ami sont au centre de l'action. Peu à peu, la relation entre l'enfant et Trico va se renforcer, et comme c'est toujours le cas avec les productions de Fumito Ueda, il faudra réfléchir de longues minutes pour avancer d'une salle à l'autre, sachant qu'il n'y a qu'un seul moyen d'avancer. Ce ne sont pas vraiment des énigmes mais plutôt une analyse fonctionnelle de l'environnement pour savoir où envoyer Trico. A ce niveau, le titre trahit quelque peu son âge par une intelligence artificielle abusant des scripts et qui se montre parfois dépassée par les événements. Il arrive même qu'elle induise en erreur le joueur, car Trico ne réagit pas toujours comme on le suppose. Certes, on y retrouve le caractère instable de l'animal, mais cela n'aide pas à être serein dans un jeu vidéo, surtout lorsque vous attendez pendant de longues minutes pour qu'une action se lance enfin.

Des gardes-golem tenteront à plusieurs reprises d'entraver votre progression, imposant de trouver au plus vite une façon de faire entrer Trico dans la pièce traversée. Des affrontements qui auront des conséquences sur l'animal, qu'il ne faudra pas hésiter à caresser pour le calmer. Le gameplay demeure simple d'accès, car il est possible d'indiquer des actions à Trico (sauter, avancer, se calmer, s'assoir). Il sera nécessaire d'activer des mécanismes pour continuer sa route, sachant que Trico est étrangement effrayé par les vitraux. Rapidement, vous récupérerez un bouclier-miroir qui n'a pas du tout le même effet que dans la série The Legend of Zelda. Ici, il sert à activer une décharge énergétique via la queue de l'animal. L'enfant est souvent hésitant dans ses déplacements, un sentiment finalement assez normal. Ce qui l'est beaucoup moins, c'est la gestion de la catastrophe qui nous replonge des années en arrière en matière de bugs. Heureusement que l'action n'est jamais très intense.

Techniquement au point ?

Débuté sur PS3, The Last Guardian n'impressionne pas vraiment d'un point de vue graphique. Alors certes, la patte artistique est indéniable, les animations sont particulièrement touchantes et une certaine humanité ressort de l'action, mais le graphisme n'est pas à la hauteur du support, avec un aliasing particulièrement présent sur PS4, malgré des effets spéciaux plutôt appréciables. Les textures accusent elles aussi leur âge, et il est parfois difficile de distinguer où l'on met les pieds dans les lieux sombres. Plus gênant encore, le framerate toussotte très souvent et la vitesse moyenne semble en dessous des 30fps. La situation apparaît beaucoup plus stable sur la PS4 Pro, et dans la même lignée poétique que ses prédécesseurs Ico et The Shadow of the Colossus, The Last Guardian excelle dans la narration visuelle. PS4 oblige, il est bien sur possible de jouer sur PS Vita via la fonctionnalité Remote Play

La musique signée Takeshi Furukawa permettent de s'immerger complètement dans le monde fantastique où se déroule ce jeu riche en émotions. Quelques bruitages ponctuent l'aventure, mais une fois encore, le personnage parle une langue totalement fictive. La durée de vie assure une douzaine d'heures de jeu, la difficulté reste très raisonnable malgré les lacunes de l'I.A., et la progression est assez équilibrée mais aussi terriblement linéaire. C'est un peu le genre qui veut ça.

VERDICT

The Last Guardian promet une aventure magique, poétique, et fascinante. La relation entre l'enfant et Trico s'intensifie au fil des jours, comme pour un homme et son animal de compagnie, une relation très touchante. Le gameplay classique et le visuel onirique séduiront les amateurs du genre, hélas, le jeu accuse rapidement ces limites techniques, avec de nombreux bugs de l'intelligence artificielle, une réalisation terriblement datée, et une animation parfois sujette à de forts ralentissements sur la PS4 standard. Un très bon titre qui aurait pu être encore meilleur.

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